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Voici déjà plus d'un demi-siècle que l'Office National d'Étude et de
Recherches Aérospatiales (O.N.E.R.A.) fabrique du vent à Modane-Avrieux.
La dynastie des Ariane, celle des Airbus, le Rafale ou encore le futur
hélicoptère urbain du XXIe siècle figurent parmi les grands bénéficiaires
de son inépuisable souffle.
Dès 1946 en effet, cet étonnant miracle qui consiste à transformer l'eau en vent, a commencé à s'opérer à proximité des conduites forcées du barrage d'Aussois. La présence de ces dernières avait dicté le choix du site au moment de transférer sur le territoire français, à titre de dommages de guerre, une soufflerie géante que les nazis avaient commencé à construire dans le Tyrol autrichien pour y expérimenter leurs bombes volantes. |
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On ne savait pas fabriquer à l'époque des moteurs électriques assez
puissants pour actionner les énormes turbines de cette soufflerie capable
de déclencher des vents atteignant 1200 km/h. L'énergie des conduites
forcées a donc été utilisée directement.
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Aujourd'hui encore, l'installation, qui demeure un fleuron technologique
sans égal au monde, utilise sans complexe la recette des bons vieux
moulins à eau. Elle a été rejointe sur le site par trois autres installations
qui, elles, fonctionnent avec des moteurs électriques. La plus récente
est capable de fabriquer des vents dont la vitesse peut atteindre douze
fois celle du son.
Ces gigantesques outils servent à étudier le comportement aérodynamique de toutes sortes d'objets volants. Quand il s'agit de missiles, les expériences ont lieu sur des maquettes en grandeur réelle. Lorsqu'il s'agit d'étudier le comportement d'un Airbus, même les 8 m de diamètre de la grande soufflerie de 1946 ne suffisent pas. On travaille donc sur des maquettes au 1/20. |
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Deux cents ingénieurs et techniciens de très haut niveau sont employés
en permanence sur le site. Tous résident en Maurienne. Leur tâche consiste
d'abord à préparer les maquettes en les bourrant d'électronique puis
à analyser les différentes mesures obtenues. Les essais peuvent durer
jusqu'à deux mois.
Le centre est quelque peu surdimensionné pour étudier des objets dont la vitesse de déplacement se situe au-dessous de 300 km/h mais cela ne l'a pas empêché, en 1970, de prêter son concours à l'équipe de France de ski qui souhaitait tester l'aérodynamisme de ses descendeurs. Il a aussi étudié les pantographes du T.G.V., l'influence du vent sur les grands pents haubanés, station de péage d'autoroute, cabines de téléphériques.   Les pales des rotors d'hélicoptère sont actuellement l'un de ses grands sujets de recherche. Il s'agit de trouver des profils permettant d'éviter ces bruits d'air haché caractéristiques aujourd'hui des hélicoptères en vol. Au cours des dernières années, le resserrement des programmes aéronautiques, tant civils que militaires, a eu des répercussions sur l'activité de l'Onera. Fort heureusement, le centre a eu droit à un beau cadeau d'anniversaire pour les 50 ans en 1996 sous la forme de la première pierre d'un banc d'essai de turbines posée, le 21 septembre 1996, par Charles Millon, Ministre de la défense et Président de la région Rhône-Alpes, en présence de Michel Barnier. Ce banc baptisé TURMA (TURbine Modane-Avrieux) sera opérationnel à l'horizon 2001. Son exploitation donnera lieu à des essais avec les constructeurs motoristes ainsi qu'à un partenariat scientifique avec l'Ecole Centrale de Lyon et l'université de Florence. La Région (6 MF), le Conseil Général (3,4 MF), le district de la Norma (1 MF), la commune d'Avrieux (0,5 MF) et celle de Villarodin Bourget (0,1 MF) sont parmi les financeurs de cette réalisation d'un coût total de 57 MF. |
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L'O.N.E.R.A. ] [
La Norma ]
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